Entretien avec le politicien tchèque Petr Mach à propos de No Billag

Le résultat du vote de « No Billag » sera suivi de près à l’étranger. Les Suisses, qui paient une redevance plus élevée qu’ailleurs dans le monde, auront la possibilité de l’abolir complètement. Entretien à ce sujet avec le politicien tchèque Petr Mach, président du Parti des Citoyens Libres et docteur en économie.

Le 4 mars prochain, le peuple suisse votera sur plusieurs sujets. L’un d’entre eux est lié au financement des médias publics. Actuellement, les ménages suisses les financent à hauteur de 451 francs par année. L’initiative « No Billag » souhaite se défaire de cet impôt et laisser le libre choix aux citoyens concernant les médias qu’ils souhaitent financer. Quelle est votre opinion à ce propos?

Aujourd’hui, la réalité est que les gens suivent une variété de médias, y compris des nouvelles et des vidéos sur internet. La télévision et la radio publiques sont loin d’être la seule source d’information et de divertissement.  Celui qui n’écoute pas la radio ou la tv publique peut trouver cette taxe injuste – il est forcé de payer pour un service qu’il n’utilise pas. Si la taxe n’était pas obligatoire pour tous les ménages, les médias publics seraient contraints à chercher des abonnés dans un marché ouvert – à recueillir des fonds à travers la publicité ou bien des services prépayés comme quelconque diffuseur commercial, télévision par câble ou fournisseur de contenu internet.

Les opposants à cette initiative affirment que la télévision publique ainsi que d’autres petits médias qui bénéficient de la redevance ne survivraient pas si elle passait. Qu’en pensez-vous?

De nombreux diffuseurs indépendants et sites internet d’information prospèrent sans la perception de taxes obligatoires. Ils doivent contrôler leurs coûts et offrir un contenu apprécié par le public. Les médias publics devraient se comporter de la même manière. Je crois qu’ils fournissent un contenu de qualité et de nombreux téléspectateurs et auditeurs seraient prêts à payer pour ce service sur une base volontaire.

D’un autre côté, un grand nombre de ceux qui critiquent les médias publics en Suisse se plaignent que les journalistes qui y travaillent sont beaucoup trop à gauche, comparé au reste de la population. Comment expliquez-vous un tel décalage entre les gens du quotidien et les médias institutionnels?

Les médias, en général, ont tendance à pencher vers la gauche. Cela s’applique non seulement aux médias publics européens mais aussi aux médias privés américains comme CNN. Ce n’est pas un problème pour autant que personne ne soit contraint de payer contre sa volonté.

En République tchèque, il y a de nombreux médias privés qui concurrencent la télévision d’Etat. Combien les contribuables tchèques paient-ils pour financer celle-ci ou d’autres médias publics? 

Chaque ménage qui possède un téléviseur paie 1620 couronnes (75frs) par an pour la tv publique et chaque ménage qui possède une radio paie 540 couronnes (25frs). Il est possible de se soustraire à la taxe si l’on déclare ne pas posséder de récepteur, que l’on regarde la télévision publique ou non.

Seriez-vous en faveur d’un tel référendum en République tchèque? 

La constitution tchèque n’autorise pas la tenue d’un tel référendum. Cependant, je trouve que cette redevance sur la tv et la radio publiques est obsolète dans un monde rempli de chaînes et de sites internet concurrents. Je pense que seuls ceux qui souhaitent ce service devraient y contribuer sur une base volontaire.

Propos recueillis par Alimuddin Usmani

Be the first to comment on "Entretien avec le politicien tchèque Petr Mach à propos de No Billag"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*