Entretien avec Nicolas Jutzet sur « No Billag »

Le 4 mars prochain, le peuple suisse sera amené à se prononcer sur la suppression de la redevance radio/tv. Nous avons rencontré Nicolas Jutzet, le président de la campagne « No Billag » en Suisse romande, de passage à Genève.

 

Nicolas Jutzet, vous présidez la campagne « No Billag » pour la Suisse romande. Nous sommes maintenant à un peu plus de cinq semaines de la votation. Quel est l’argument le plus en faveur de l’initiative?

En premier lieu, nous défendons la liberté des citoyens, la liberté de choisir les médias qu’ils ont envie de soutenir, ceux qui correspondent le mieux à leurs attentes et qui reflètent le mieux leurs opinions et notamment leurs intérêts. C’est la raison principale pour laquelle nous avons lancé l’initiative et pour laquelle nous nous battons.

Certains soutiennent l’initiative pour des raisons liées au coût de la redevance tandis que d’autres sont motivés par des raisons plus idéologiques. En effet,certains n’apprécient notamment pas la manière avec laquelle le sujet de l’immigration est traité par la RTS. Qu’en dites-vous? 

Je comprends tout à fait ce point de vue là. Lors d’une initiative, il y a forcément différents publics avec des cibles et des intérêts différents. Quand on paie une redevance, on est en attente d’un rapport qualité-prix qui nous satisfait. Je peux comprendre que certaines personnes ne se retrouvent pas dans l’offre actuelle de la SSR. C’est leur droit primaire de ne pas vouloir financer ce service là. En tant que tel, quand nous avons 70% des journalistes qui se disent de gauche ou de centre gauche, il est normal qu’ils ne reflètent pas les opinions de toute la population, qui vote en Suisse, pour l’instant, majoritairement à droite. Il est donc compréhensible que certaines personnes soient heurtées par le traitement de certaines thématiques. C’est respecter leur position que de dire qu’ils peuvent soutenir un autre média que la SSR si la SSR ne traite pas de manière satisfaisante, pour eux, ces thématiques là. Vu que je suis solidaire avec mon prochain et qu’il est assez grand pour choisir son média, je lui accorde ce droit là.

Que pensez-vous de l’activisme de Massimo Lorenzi sur Twitter

On peut déjà dire que c’est contre-productif pour lui et qu’au final il nous fera gagner des voix. C’est tellement excessif et outrancier qu’il fait une sorte d’autogoal. Je ne crois pas que ses tweets ou ses interventions ailleurs vont convaincre qui que ce soit dans la population. C’est même un aspect positif pour nous de voir que cet activisme trahit une défense de ses propres intérêts en premier lieu.

Est-ce que vous recevez des menaces par rapport à votre engagement?

Quand nous nous sommes lancés dans cette campagne, nous ne nous attendions pas cette violence et notamment pas aux nombreuses insultes que nous recevons chaque jour sur Facebook ou même à la maison, à travers des lettres anonymes qui sont parfois drôles mais parfois plus inquiétantes. Quand on arrive à un tel degré de violence dans les débats, je pense qu’on peut regretter la campagne de nos opposants qui est basée sur la peur. Celle-ci réveille effectivement des aspects de comportement peu souhaitables d’une partie des votants. Nous n’avons pas peur pour notre intégrité physique mais la qualité du débat est bien détériorée par la campagne adverse. Nous le regrettons et souhaitons à l’avenir des débats beaucoup plus qualitatifs mais également de bonne santé mentale et démocratique.

Propos recueillis par Alimuddin Usmani

 

 

 

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