L’avis d’Alain Soral sur les crypto-monnaies

Le 25 décembre dernier, l’essayiste Alain Soral répondait aux questions du public, à l’occasion de la 4ème émission Soral Répond! Il s’exprimait, entre autres, sur les crypto-monnaies qui agitent l’actualité depuis la montée brutale du Bitcoin en 2017. Un auditeur avait notamment fait remarquer que la Russie exprimait de sérieuses réserves face à la crypto-monnaie. Voici la retranscription d’une partie de l’émission :

« Poutine ne veut effectivement pas des crypto-monnaies. Il faut bien comprendre que tout ceci est dialectique. C’est-à-dire que, dans le monde de l’oligarchie mondialiste unipolaire, la crypto-monnaie peut être un outil de résistance au pouvoir bancaire, puisque c’est quelque chose d’atomisé. Il y a deux dimensions : virtualité totale et atomisation totale. Il n’y a pas de pouvoir central qui règne dessus. C’est une espèce de garantie de liberté.

Poutine, qui résiste à l’oligarchie bancaire mondiale, n’a pas envie de laisser ceci rentrer chez lui car il est dans une position de résistance. Il souhaite garder le contrôle de la monnaie et ne pas se laisser parasiter par des crypto-monnaies qui proviennent, en général, du camp d’en face. On peut très bien imaginer que la crypto-monnaie soit intéressante dans le camp occidental unipolaire qui est le notre, sous domination oligarchique mondialiste. Par contre, dans le monde de la résistance incarnée par Poutine, ce n’est pas dans l’intérêt, à ce stade, de l’Etat, qui mène un combat multipolaire, de se laisser infiltrer par cette monnaie. Je pense que le redressement de l’économie russe a besoin d’un pilotage central, avec un contrôle de la monnaie et une planification. Elle ne doit surtout pas être livrée au marché, d’une certaine manière. Car dans la crypto-monnaie il y a cette idée là, celle de l’autorégulation, de la main invisible, qui est profondément libérale.

Sur la crypto-monnaie, je suis assez ambivalent. Je me méfie un peu de ces trucs là et en même temps des gens me disent que c’est la panacée pour résister au pouvoir bancaire oligarchique, puisqu’elle ne dépend pas d’un pouvoir central et qu’elle est entièrement transparente. En même temps, cela accompagne la dématérialisation et la disparition annoncée de la monnaie physique, ce qui est une chose très dangereuse. Même si la monnaie papier n’est pas une richesse directe, puisque ce n’est pas de l’or ou de l’argent, c’est quand même quelque chose dont on peut se servir et qui permet encore un peu d’existence clandestine. Avec les crypto-monnaies, tout est traçable intégralement. C’est d’ailleurs ce qui fait aussi la protection de cette monnaie mais ce n’est pas anonyme.

Le côté inquiétant vient également du fait qu’on nous présente ces crypto-monnaies comme une résistance aux banques alors qu’elles sont investies par les banques elles-mêmes. Je crois qu’aujourd’hui Goldman Sachs, les grandes banques, les grandes officines financière mondiales et mondialistes, investissent la crypto-monnaie, s’y intéressent et en créent. Il y a aussi, actuellement, toute une dimension inquiétante de bulle et de spéculation sur le Bitcoin notamment.

Ce que j’ai compris, c’est que cette crypto-monnaie est entièrement virtuelle et qu’elle n’est fondée sur aucune richesse réelle, mais qu’elle est par contre de quantité fixe, soi-disant définitive. C’est ce qui fait qu’elle monte de valeur, il n’y a pas la possibilité de l’équivalent de la planche à billets. Mais qu’est-ce qui nous prouve qu’à un moment donné cette charte, qui a été établie au départ et qui stipulait que le nombre de Bitcoins serait fixé dès le départ de manière fixe et définitive, soit respectée? C’est d’ailleurs pour cette raison que le Bitcoin unitaire monte car il y a une rareté. On crée les conditions de la rareté, de la quantité finie, comme l’or, mais avec le côté totalement virtuel de la monnaie électronique. Cette dernière peut être totalement soumise aux multiplicateurs et aux stratégies des banques incarnées par la planche à billets. Même si aujourd’hui, il n’y a même plus de billets pour faire ça. C’est le sujet de Jovanovic qui amène à la catastrophe terminale.

C’est effectivement un sujet complexe car c’est à la fois quelque chose de totalement virtuel mais aussi soumis à la rareté de la monnaie métal, pour en faire à la fois quelque chose de solide et de totalement décentralisé. Plus il y aura de possibilités et de choix, monnaie physique, or, argent, diamants, crypto-monnaies, etc, peut-être mieux ce sera car on peut toujours se sauver en passant de l’une à l’autre. On peut éviter d’être bloqué, comme par exemple nous le sommes en ce moment en se faisant fermer nos comptes en banques. La multiplication de crypto-monnaies, si elle ne vient pas totalement remplacer la monnaie papier et si elle permet des alternatives au contrôle des peuples par une espèce de banque centrale mondiale, entièrement sous contrôle oligarchique et qui produit la multiplication fallacieuse de fausse monnaie, c’est quelque chose dont il faut savoir et pouvoir se servir. Quelque part, c’est comme internet. C’est une arme dont il faut pouvoir se servir et qui, à mon avis, a des qualités réversibles et antagonistes. C’est donc une arme à double tranchant. C’est mieux qu’il y ait cette alternative plutôt qu’une interdiction qui impliquerait qu’on soit totalement soumis, in fine, à la Réserve fédérale américaine par exemple. Je rappelle que c’est un consortium de banques privées qui décide de la production de monnaie et de crédit sur un plan mondial. C’est la plus grosse escroquerie ayant jamais existé et qui est le coeur atomique du pouvoir dans notre société capitaliste bourgeoise et financière, dans sa phase ultime. »

1 Comment on "L’avis d’Alain Soral sur les crypto-monnaies"

  1. Et il faut noter egalement apres cette tres bonne analyse d’Alain, que la majorite des mines a btc ou Eut sont pratiquement situees en Russie en Chine et aux USA avec une hausse pour certains mineurs situes en france mais la encore tous heberges hors JE. La derniere flambee du btc a entierement ete organisee pour sensibiliser a cette nouvelle monnaie emergente qui va encore se transformer et petit a petit reformer l’argent papier. Il nlus restera peu de choix en definitive entre le virtuel et la carte plastique qui elle meme sera remplacee par la puce rfid dans quelques annees. Encore et de loin le meilleure service de flickage.

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