Entretien avec le réalisateur Paulin Tadadjeu Dadjeu

«Une affaire de minijupe» est une série TV de 12 épisodes de 26 minutes, tournés à Genève. Cette série, qui est diffusée sur rts.ch depuis le 5 décembre 2017 et qui sera disponible sur TV5MONDE à partir de janvier 2018, raconte les aventures d’une famille d’origine africaine vivant à Genève. Le réalisateur, scénariste et créateur de l’idée originale se nomme Paulin Tadadjeu Dadjeu. Né au Cameroun en 1982, il réside à Genève depuis 2006 où il a notamment obtenu un Master en Media Design à la HEAD. Il a bien volontiers accepté de nous accorder un entretien.

Paulin Tadadjeu Dadjeu, pouvez-vous nous en dire plus sur la genèse de cette Série?

Tout commence au cours de l’été 2014, lorsque je décide de monter une troupe d’acteurs issus de la diversité : Afrique, Maghreb, Europe de l’Est et méridionale, Amérique latine, Asie… Les rues de la Genève internationale et multiculturelle me soufflent l’idée. Je forme au cours d’ateliers gratuits plus de 40 volontaires au métier d’acteur, plusieurs mois durant.

Après un premier projet en tant que co-réalisateur qui n’aboutit pas, je rassemble à nouveau la troupe et crée le concept SwissAfroWood.

L’objectif : réunir pour des projets cinématographiques des comédiens amateurs provenant de tous horizons, animés par l’envie commune de raconter leurs origines, partager leur parcours, en Suisse sous l’angle de la fiction.

Le défi : porter à l’écran une chronique de la vie quotidienne à travers le prisme de la diversité et des interactions entre les populations. C’est ainsi que germe le scénario de la série « Une affaire de mini-jupe ». Prise au jeu, puis passionnée et résolue à relever un défi fou, la troupe rejointe par une petite équipe technique, tourne les deux premiers épisodes.

Ils feront l’objet d’une projection test en mai 2015. Malgré le peu de moyens, l’engouement du public pour la série sera un véritable moteur.

Quelle est l’influence exercée par des séries camerounaises ou d’autres pays africains sur cette série?

La production de la plupart des séries camerounaises passe par le système D. Le cinéma nigérian de Nollywood sur lequel j’ai fait des recherches à l’Université de Lausanne, m’a permis de comprendre qu’il est possible de réaliser un film ou une série avec des acteurs amateurs et de toucher le public.

Pourquoi avoir choisi des personnages qui évoluent dans un milieu socio-professionnel élevé plutôt que des familles plus modestes?

Les personnages de ma série viennent de milieux socio-professionnels différents. Le personnage principal est directeur dans une organisation internationale, mais il y a aussi des étudiants, des employés de bar/restaurant, une coiffeuse, une caissière dans une agence de transfert d’argent et bien d’autres.

Dans la série, il semble que les personnages affectionnent la « vanne » ou les joutes oratoires. Est-ce une particularité de la culture de certains pays africains?

A mon avis, la « vanne » ou les joutes oratoires ne sont pas une particularité africaine, mais selon que l’on soit africain ou d’ailleurs, on ne les exprime pas de la même manière.

Quel était votre regard sur la société la première fois que vous êtes arrivé en Suisse?

La première fois que je suis arrivé à Genève (Suisse), j’avais un regard admiratif sur les infrastructures et sur cette mosaïque culturelle qui m’était donnée.

Que vous inspire le travail artistique de l’humoriste franco-camerounais Dieudonné M’bala M’bala?

Je trouve que c’est quelqu’un de talentueux.

Propos recueillis par Alimuddin Usmani

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