Pourquoi il convient de se méfier à l’égard des accusations de viol contre Tariq Ramadan

Ramadan

L’islamologue genevois Tariq Ramadan, petits-fils du fondateur des Frères musulmans Hassan el-Banna, est pris dans une tempête médiatique depuis quelques jours en raison des accusations de viols qui se succèdent à son encontre. Deux femmes ont effectivement déposé plainte contre lui en France et une troisième s’est confiée aux médias.

Tariq Ramadan est une personnalité publique qui possède une certaine notoriété dans le monde francophone et au delà. Ses idées politiques et sa vision du monde sont bien entendu critiquables mais ce n’est pas l’objet de cet éditorial. Dans l’affaire qui nous occupe, il s’agit avant tout de faire une distinction entre le personnage privé et le personnage public. Il ne serait pas honnête de lier les deux choses car rien dans son discours public ne laisse penser qu’il pourrait cautionner de tels agissements. Il s’agit plutôt d’examiner quelle était la réputation de Tariq Ramadan dans la sphère privée avant ce déferlement médiatique et de comprendre ce qui pourrait se cacher derrière ces accusations tonitruantes.

Avant d’entamer une carrière académique internationale, qui l’a menée à Londres ou au Qatar notamment, Tariq Ramadan a enseigné à l’Université de Fribourg ainsi qu’au Collège de Saussure à Genève jusqu’en 2004. J’ai moi-même fréquenté l’Université de Genève à partir de 2004 et je me souviens d’une anecdote que m’avait racontée une étudiante que je fréquentais sur les bancs de l’Université et qui avait eu Tariq Ramadan comme enseignant au Collège de Saussure. Elle m’avait rapporté qu’une de ses camarades de classe s’était amusée à aguicher Tariq Ramadan en plein cours en le fixant dans les yeux de manière continue. Celui-ci avait réagi de manière parfaitement professionnelle en ne se laissant pas intimider et en refusant d’entrer dans un jeu de séduction avec l’adolescente. Tout ceci ne colle pas exactement avec  le profil d’un prédateur sexuel. Aucune collègue enseignante de l’islamologue genevois ne s’est jamais plainte du comportement de ce dernier au cours de ses nombreuses années d’enseignement.

La thèse de la culpabilité de Tariq Ramadan est également mise en doute par le décalage entre les faits présumés et le dépôt de plainte.  Après tout les jeunes femmes auraient pu porter plainte au lendemain des faits. La police aurait ainsi été en mesure de mener une enquête avec des preuves matérielles qui inculpent ou disculpent l’accusé. Or, ces plaintes surviennent toutes peu de temps après le scandale de l’affaire Weinstein, comme s’il s’agissait de détourner l’attention sur un spectre plus large de personnalités publiques.

Sans surprise, la militante LGBT Caroline Fourest, qui a construit une grande partie de sa carrière médiatique en s’attaquant à Tariq Ramadan, s’est délectée de cette actualité en affirmant dans Marianne qu’elle était au courant depuis plusieurs années de la « double vie » de l’essayiste genevois. Régulièrement promue par Bernard-Henri Lévy, qui semble lui même embarrassé par l’affaire Weinstein, Caroline Fourest est régulièrement accusée d’énoncer des mensonges dans la sphère publique. Malgré cette réputation, la RTS lui donne largement la parole dans un sujet du JT du 28.10.17. La féministe de combat semble avoir trouvé le scénario idéal : « Tout d’abord le cruel « islamo-violeur » s’en prend à de pauvres femmes qui étaient sous l’emprise salafiste. Puis celles-ci finissent par se libérer du poids de l’oppression masculine en épousant l’idéologie féministe de Caroline Fourest et osent enfin porter plainte contre l’homme qui les a souillées. » 

Le tribunal médiatique semble avoir choisi d’accorder beaucoup d’importance et de crédibilité à ces accusations qui relèvent d’actes sordides et qui surviennent à un moment bien précis, comme nous l’avons relevé plus haut. Si les tribunaux donnent en fin de compte gain de cause à Tariq Ramadan, peut-on espérer des excuses publiques de la part de Caroline Fourest? La question reste ouverte mais il est permis d’en douter au vu de son parcours qui démontre qu’elle préfère s’entêter dans ses certitudes plutôt que d’admettre ses erreurs.

Alimuddin Usmani

 

 

 

 

5 Comments on "Pourquoi il convient de se méfier à l’égard des accusations de viol contre Tariq Ramadan"

  1. C’est clair que Ramadan peut bénéficier de la présomption d’innocence, mais de là à écarter tous les témoignages accablants, il y a une grande marge. Le décalage entre les témoignages/dépôts de plaintes est très compréhensible. La peur des victimes. Le moraliste sans morale. On n’est pas prêt à le revoir dans des débats sur la RTS. Tant mieux. Son double discours a été prouvé par C.Fourest et si c’est la religion de paix, ben oui mais hors de Suisse! Et le coup de la copine qui l’aurait aguiché en plein cours, comment dirait-on ceci à Oxfort, ah oui, bullshit!!!

  2. les faits existent certainement, ce qui diffère , c’est leur interprétation. tariq n’est pas n’importe quelle personnalité. toute les personnes qui l’auraient approché travaillent pour une groupe ou un autre. le jeu de séduction est une approche fondamentale de toutes les personnes qui s’approchent de tariq, on s’y prete à c jeu mais gare a TARIQ si ça va loin, parceque TARIQ c’est le petit fils du fondateur de la plus grande transinternationale fondamentaliste les FRERES MUSULMANS. ce qu’on lui reproche serait d’avoir preté attention aux chants des sirenes. des années après leurs subconscient oublie que ce sont elles qui jouées au jeu de séduction mais affûtent le Monsieur Condamné a la chasteté….
    dans les fais il n’y a pas eu sex ou intention de sexe, mais un simple jeu de séduction , qui en fin serait fefutable et recusable

  3. MDR c’est quoi ce pro bougnoulisme ? C’est ER ce site ?

  4. Faute de ne pouvoir être à sa hauteur lors des débats intellectuels, le lobby médiatique se leurre en affectant son image tout en essayant de le faire taire à travers ces calomnies.

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