Le parcours filmé d’une jeune migrante de la Syrie à l’Autriche

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Le 2 août dernier, le Guardian a mis en ligne une vidéo qui retrace le parcours migratoire vers l’Europe de Rania, jeune kurde de 20 ans originaire de Raqqa en Syrie. Sa vidéo semble émouvoir certains médias mainstream, tel ce magazine féminin belge qui se dit « bouleversé ». Nous vous proposons un récit moins émotionnel et plus critique de cette séquence de 22 minutes (vidéo en anglais à la fin de l’article)

 

Rania décide donc de se rendre en Europe « avant que les lois sur les réfugiés se modifient », dit-elle face à la caméra. Elle dit avoir fait la rencontre d’un homme norvégien (le documentariste Anders Hammer) et a convenu de filmer son odyssée. Pour rejoindre la Turquie, elle paie 300 dollars à un passeur. On la retrouve dans une ambiance nocturne et paisible dans les rues d’une ville turque. Malgré le fait qu’elle ait échappé à un pays en guerre et qu’elle se trouve désormais en sécurité, pas question pour elle d’arrêter ici son périple. La jeune femme veut à tout prix aller en Europe. Elle est même prête à surmonter la dangereuse traversée vers la Grèce. On apprend que le passeur a entassé 52 passagers, ainsi que des enfants, pour une capacité maximale de 15 personnes. Suit l’arrivée en Grèce où les migrants n’ont pas l’air d’être pris en charge par les autorités, complètement dépassées. La seule restriction qui leur est imposée, c’est qu’ils ne peuvent pas acheter de ticket de ferry d’une ligne internationale. Ils se rendent donc, à l’aide des transports public intérieurs, jusqu’à la frontière Macédonienne, où ils s’apprêtent à quitter momentanément le territoire de l’UE. En effet, le pays représente un point de passage en direction de l’eldorado nord-européen.

Lorsque les migrants traversent illégalement la frontière macédonienne, on peut voir de jeunes activistes européens, probablement affiliés à l’idéologie « No Borders », à l’oeuvre, aidant la foule à traverser la rivière. Alors que les migrants ont pénétré la frontière depuis au moins 15 minutes, la police macédonienne réplique en fermant la route et ramène tout le monde sur le territoire grec. La foule, ainsi que Rania et son compagnon de voyage, scandent : « Ouvrez les frontières » et « Nous mourrons ici ». La jeune femme se rend compte que les gens, qui ne maîtrisent pas bien l’anglais, souhaitent plutôt dire « Nous sommes en train de mourir ici ». Un autre jour, les migrants se lancent à nouveau à l’assaut de la frontière. Certains hommes jettent des pierres en direction des forces macédoniennes qui ripostent à coups de gaz lacrymogène. Ici encore, on peut voir que des jeunes activistes européens viennent en aide aux migrants.

La jeune femme se met alors à douter, elle se demande si tout cela en vaut la peine. Puis vient l’épilogue. Rania et Ayman empruntent 7000 dollars et se font fabriquer de faux documents d’identité bulgares. Ils se font passer pour des touristes, passent sans encombre tous les contrôles et atterrissent à Vienne. Là, ils se font arrêter par la police et demandent immédiatement l’asile. C’est désormais l’Autriche qui est chargée de prendre en charge deux migrants supplémentaires. Il aurait pourtant suffi d’effectuer un simple contrôle à l’aéroport d’Athènes en les questionnant un peu et constater qu’ils ne parlent pas bulgare. L’Europe est décidément une vraie passoire et ne se donne pas les moyens de se défendre. La voie empruntée par Rania et son compagnon aurait pu être prise par un terroriste de Daesh, prêt à semer la mort dans les villes d’Europe.

 

 

Alimuddin Usmani

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