Migrants transis de froid en Serbie : Une autre perspective

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Cet hiver, plusieurs médias ont rapporté que des migrants, dont un grand nombre de jeunes hommes afghans, souffraient du froid en Serbie. Ces requérants d’asile, en transit vers l’Europe occidentale, seraient victimes du manque d’infrastructure pour les accueillir. Le média tchèque ParlamentníListy.cz était sceptique par rapport au récit des médias mainstream tchèques qui rapportent une narration assez similaire à celle de leurs collègues de la presse européenne ou à Amnesty International. Une équipe de ParlamentníListy.cz s’est donc rendue à Belgrade et la réalité semble toute autre. D’après le média, le centre ville de Belgrade est saturé par les migrants qui commettent de nombreux vols à l’égard des femmes et des enfants. De plus, ils refuseraient d’être hébergés dans des infrastructures, de peur de ne pas pouvoir rejoindre en fin de compte l’UE. Voici la traduction de ce reportage  :

Récemment, les médias tchèques ont répandu la nouvelle selon laquelle les réfugiés qui résident actuellement en Serbie, en particulièrement dans sa capitale, sont maltraités et forcés de dormir dehors dans des tentes par un froid polaire.

C’est pourquoi ParlamentníListy.cz a décidé de se rendre à Belgrade et de retrouver leurs traces. Or, nos constatations sont complètement différentes et montrent que la réalité n’a rien à voir avec celle qui est présentée par certains médias mainstream tchèques.

D’après les estimations officielles, le nombre de migrants dans la capitale serbe se situe entre 1500 et 2000 individus. La plupart viennent du Moyen-Orient mais il y a également des Africains. Ils sont libres de leurs mouvements à Belgrade, ils ne sont pas et surtout ne veulent pas être limités dans leurs mouvements par quiconque.

Pourtant, l’Etat serbe met à disposition plusieurs centres pour les migrants à travers tout le pays. Dans ces centres, il y a tout l’équipement nécessaire, des logements chauffés avec des repas chauds plusieurs fois par jour, des habits ainsi que des soins médicaux réguliers. Tout cela gratuitement bien entendu.

D’après le Ministère serbe de l’Intérieur, l’Etat peut mettre à disposition des places libres dans les centres de réfugiés et serait en mesure d’assurer des places pour tout le monde.  Par conséquent, personne ne doit souffrir du froid. D’après plusieurs sources, qui viennent aussi bien du gouvernement serbe que des forces de sécurité, les migrants à Belgrade sont complètement libres de leurs mouvements.

Cela signifie qu’ils gèlent de manière volontaire, ils renoncent volontairement à pouvoir disposer d’un endroit chaud et de repas réguliers en cet hiver rigoureux.  « En aucun cas l’Etat ne laisse tomber ces personnes. Nos services mettent à disposition assez de places libres. Mais ils ne veulent tout simplement pas s’y rendre. Nous avons essayé de les convaincre et leur avons proposé de leur assurer un transport vers ces centres. Mais ils ont répondu qu’il n’en était pas question, » a constaté notre source qui gravite autour d’un poste important auprès des forces de sécurité belgradoises. Son nom est connu de la rédaction qui était personnellement en contact avec elle. Mais, par crainte de possibles sanctions, elle n’a pas souhaité divulguer son nom.

Les autorités pensent que les migrants craignent d’être déportés ou bien d’être enregistrés en tant que réfugiés en dehors de l’UE. « Je n’ai jamais entendu une bêtise plus grande que celle qui consiste à dire que nous les laissons geler et que nous n’avons aucune pitié pour eux. Au contraire, parfois nous éprouvons trop de compassion. Mais ils ne vont pas dans ces camps. Ils souhaitent au moins se rendre en Hongrie, à savoir dans l’UE et s’y enregistrer, » nous a confié notre source.

D’après sa déclaration, qui est corroborrée par les photos de ParlamentníListy.cz, 90% des migrants sont des jeunes hommes entre 20 et 35 ans. « Ils dorment tout simplement dans des parkings à moitié couverts où il fait aussi froid que dehors. Ils possèdent des tentes, des couches de couvertures, des sacs de couchage et des cartons. Au centre ville, ils disposent d’une sorte de centre où ils peuvent recharger leurs téléphones portables.  Il y a également de la nourriture à disposition mais la plupart n’en profite pas. Il suffit d’observer les stands de restauration rapide pour constater que la plupart d’entre eux y mange, malgré que ce soit cher, » poursuit l’homme des services de sécurité.

Lorsque nous demandons où les migrants vont chercher cet argent pour se payer ces choses relativement coûteuses, il hausse simplement les épaules. « Difficile à dire, je ne souhaite pas faire de spéculations, je m’en tiens aux faits. La seule chose que je peux dire c’est qu’ils retirent régulièrement des billets de 500 euros des distributeurs bancaires, »dit-il de manière univoque.

Le reporter de PL a visité le centre mentionné plus haut qui se trouve en plein centre de Belgrade. Il est géré par le HCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés) et de jeunes militants y travaillent. L’accompagnateur du journaliste l’a averti que s’il est questionné par les militants, il doit leur dire que l’article sera orienté sur la souffrance des réfugiés, sinon il ne pourra même pas accéder au centre. Durant le séjour de notre reporter, la travailleuse de l’ONG a également averti ce dernier qu’il pouvait prendre des photos partout, sauf dans l’espace réservé aux petits enfants. Il faut dire qu’il n’y en avait environ que cinq, des petits enfants.  Le reste de l’effectif (la plupart rechargeant leur portable) est composé d’environ 150 jeunes hommes à la peau basanée. A cet endroit où les migrants, en plus d’avoir accès à des prises électriques, viennent trouver un peu de chaleur, on trouve aussi les organisations caritatives Oxfam et Médecins sans frontières.

Apparemment, la petite criminalité, dont la police ne s’occupe pas tellement, est assez courante à Belgrade. Si l’auteur est arrêté, il ne lui arrive rien. L’attention est uniquement portée sur les crimes les plus graves, qui heureusement n’ont pas été très nombreux jusqu’à présent en Serbie, bien que nous en ayons relevé quelques uns. Le dernier en date est lié à la tentative d’enlèvement d’un enfant dans la ville d’Obrenovac. Un groupe de migrants a attaqué une jeune mère qui se rendait en ville, accompagnée de son enfant. Par chance, des locaux lui sont venus en aide et l’affaire s’est arrêtée là. Ici, à Belgrade, la police protège plutôt les migrants afin que les locaux ne puissent rien leur faire. Ici, à Belgrade, il y a surtout des agressions contre les femmes et les enfants de la part de groupes de migrants. Ils n’osent pas s’attaquer aux hommes qui, eux, sauraient se défendre. Ils volent par exemple des effets personnels ou des objets de valeur. Ces assauts ne sont pas inhabituels. « Il y a quelques temps, un groupe d’environ deux cents migrants dormait dans le sous-sol d’un bâtiment abandonné, voisin d’une école maternelle. Les parents arrêtaient leur voiture juste devant l’école et accompagnaient leurs enfants à l’intérieur. Ils les récupéraient de la même manière, » nous décrit une de nos sources dans la capitale serbe qui accompagne également notre reporter.

Il y a également des problèmes de dégradation en ville. Les parcs sont totalement dévastés. Le grand parc devant la gare routière principale a longtemps servi de lieu de vie pour des milliers de migrants. « Depuis qu’ils ont été chassés par la police, le parc a dû être entièrement rénové. La terre a été tellement saturée par l’urine et les excréments qu’il a fallu en racler une bonne couche, l’évacuer et  la remplacer par une nouvelle terre sur laquelle une nouvelle pelouse a été semée. Un sort semblable attend les autres parcs de la ville. Ce n’est qu’un cas parmi d’autres. Avant que les migrants aient été contraints à quitter ce parc de la gare routière, les locaux n’osaient pas y aller.  Un jour, une femme avec une poussette a voulu prendre un raccourci par le parc et lorsqu’un jeune migrant l’a vue, il a descendu son pantalon et a commencé à se masturber. Dans une main il tenait son pénis et dans l’autre un couteau. Il criait : Afghanistan, Afghanistan!‘ Il était à quelques mètres d’elle et a voulu s’approcher encore plus près mais un groupe de jeunes locaux a vu la scène et l’a sauvée. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus? », nous a dit l’accompagnateur de notre source appartenant aux forces de sécurité de Belgrade.

Ce dernier, tout en étant bien masqué, a emmené le reporter de PL dans les coins les plus critiques de la ville, où les migrants subsistent. Il s’est même plaint de l’attitude trop solidaire de son gouvernement envers les migrants. Il n’est pas le seul. En ville, une partie importante de la population serbe a un problème avec les migrants.

« Oh, les migrants, c’est le mal! Bien sûr ce sont des gens comme nous mais que veulent-ils faire en Europe?  Ils ne vont pas travailler, juste parasiter l’aide sociale. Que la tante Merkel s’occupe d’eux, c’est elle qui les a invités! Qu’allons-nous faire avec eux? Regardez combien ils sont? Ils ne font que produire du bordel et voler. Alors la criminalité monte.  Votre président a la bonne approche, j’aime bien Zeman. Et ne l’oubliez pas, Miloš est un prénom serbe! C’est vraiment un combattant, » s’emporte Zoran, chauffeur de taxi, la cinquantaine, lors d’une course au centre-ville. C’est lui-même qui a abordé le sujet des migrants, lorsqu’une dizaine d’entre eux passaient devant notre voiture à l’arrêt.

Ensuite, il a répondu aux questions de PL sur la criminalité apparente des migrants. « Ils agressent et volent. Ce ne sont que des jeunes hommes de moins de trente ans. Comment une femme ou un enfant peuvent-ils se défendre face à un groupe de dix personnes. Ils sont similaires à nos tsiganes. Sauf que ces derniers se contentent de voler et ne font pas d’attentats terroristes. C’est une horreur! Tout ça va faire exploser l’Europe, » a confié le chauffeur de taxi au reporter de PL en le débarquant.

 

Traduction à partir du tchèque effectuée par Alimuddin Usmani

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