Les migrants et le sophisme de la vitre cassée

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Le 16 décembre dernier, la RTS a diffusé un reportage sur la croissance économique suédoise qui serait due à l’afflux de migrants. La croissance serait de 4,5% et elle serait notamment supérieure au reste de la zone euro. L’accueil de nombreux migrants (163’000 en 2015) aurait généré une nouvelle activité économique, notamment avec la construction de centres d’accueil à travers le pays. Ces centres offriraient de nouvelles opportunités d’emplois, notamment aux migrants. La correspondante prétend qu’une petite ville suédoise était en train de mourir et qu’elle revit grâce à la construction de nouveaux logements. Un expert relativise quelque peu la corrélation entre la croissance et de la migration mais rien n’y fait, la journaliste conclut son reportage en suggérant que le récent durcissement de la politique d’immigration en Suède coïncide avec un ralentissement soudain de cette croissance.

Nous faire croire que cet afflux massif de migrants serait bénéfique pour l’économie des pays européens relève tout simplement du sophisme de la vitre cassée décrit par l’économiste français Frédéric Bastiat dans son essai publié en 1850, intitulé Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.

Frédéric Bastiat part d’une histoire, celle du fils de « Jacques Bonhomme » qui casse un carreau de vitre, et de la réaction des badauds : « À quelque chose malheur est bon. De tels accidents font aller l’industrie. Il faut que tout le monde vive. Que deviendraient les vitriers, si l’on ne cassait jamais de vitre ? »

L’économiste reconnaît que le coût de réparation de la vitre (six francs de l’époque) bénéficie bien directement à l’industrie vitrière (« ce qui se voit »), mais il s’oppose à la conclusion qu’il en résulte un bénéfice pour l’industrie tout entière, car cela néglige les autres usages qui auraient pu être faits de ces six francs (« ce qui ne se voit pas »). De plus, si la vitre n’avait pas été brisée, Jacques Bonhomme aurait pu consacrer le même argent à l’achat d’une paire de chaussures, et « aurait eu tout à la fois la jouissance d’une paire de souliers et celle d’une vitre. »

Cette théorie, qui date du milieu du XIXème siècle, peut aisément s’appliquer à notre cas suédois, bien mis en avant par les médias institutionnels. En effet, l’afflux massif de migrants dans le pays représente un coût pour le contribuable suédois qui est contraint de payer pour la construction de centres d’accueil et également pour de nouveaux logements, sans compter les salaires de tous ceux qui vivent de cette industrie de l’asile. S’il n’y avait pas eu un tel afflux, le contribuable suédois n’aurait pas été contraint de mettre la main à la poche, de même que Jacques Bonhomme n’aurait pas été contraint de sortir de l’argent si son fils n’avait pas cassé le carreau. Sans l’afflux de migrants, le contribuable suédois aurait pu utiliser son argent autrement. Ici, il utilise son argent pour construire de nouveaux logements pour des immigrés qui, faute de formation adéquate ou de motivation suffisante, seront, pour une grande partie d’entre eux, entretenus par l’aide sociale. Sans l’afflux de migrants, le contribuable suédois aurait tout simplement pu dépenser de l’argent pour son bien-être et faire ainsi marcher l’industrie du pays ou bien investir dans la formation de ses propres enfants.

L’afflux de migrants profite en réalité à un petit nombre de personnes qui contrôlent l’industrie du bâtiment et ceux qui vivent du business de l’asile (les divers collaborateurs qui travaillent dans ces centres). Parmi les profiteurs, il ne faut pas oublier les industriels qui emploieront à bas coût la petite partie de migrants qui parviendra à s’extraire de l’assistanat. Cet afflux ne bénéficiera pas à l’ensemble de la population, étant donné qu’une immigration massive de personnes qui viennent de cultures très différentes, et dont la ghettoïsation sociale favorise la multiplication des émeutes, n’est évidemment pas souhaitable. Cette immigration massive et incontrôlée favorise en réalité ce qu’on appelle une privatisation des gains et une socialisation des pertes. Les médias institutionnels, en essayant de nous convaincre que l’immigration voulue par Merkel et par bon nombre de dirigeants européens favoriserait le bien commun, participent à un mensonge grossier qu’on peut démonter, même à l’aide d’un économiste libéral comme Bastiat.

 

Alimuddin Usmani

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