Entretien avec Claude-Alain Voiblet

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Claude-Alain Voiblet est une personnalité politique suisse. Exclu de l’UDC suite à une affaire liée à des affiches électorales, il a crée le Parti Libéral-Conservateur. Nous lui avons demandé son avis sur la politique migratoire en Suisse ainsi que sur l’avenir de sa ville natale, Moutier. 

La police vaudoise a procédé jeudi dernier à des perquisitions chez des personnes qui hébergeaient des requérants, dont la demande d’asile a visiblement été refusée.  Léonore Porchet, présidente des Verts lausannois, qui hébergeait un de ces requérants, n’hésite pas à utiliser les mots de « procédés inhumains ». Que lui répondez-vous?

Il n’y a aucune inhumanité dans le renvoi des requérants d’asile vers le premier pays d’accueil en Europe. Concernant le problème de la gestion de la migration, les autorités politiques vaudoises cantonales et communales portent une responsabilité dans la situation actuelle. En effet, à force de fermer les yeux sur la présence de clandestins dans nos rues, mais aussi dans nos écoles ainsi que dans nos services de santé, on laisse croire à la régularisation d’une situation qui est en fait une infraction totale à la loi sur les étrangers. Prenez par exemple les manifestations au Palais de Rumine presque chaque mardi, ce sont parfois des personnes illégales qui viennent manifester jusque devant la porte d’entrée de la salle où siègent les autorités cantonales et pourtant tout le monde ferme les yeux. C’est pour cela que je pense que les autorités exécutives vaudoises, le Conseil d’Etat et la Municipalité de Lausanne, portent une grande responsabilité dans l’évolution, voire la dégradation, de la situation. C’est cette attitude qui donne une fausse impression d’impunité à de nombreux citoyens, y compris au sein de l’élite politique.

Entre mai 2015 et avril 2016, les cantons ont manqué de transférer 224 requérants d’asile (sur 3023) dans les délais impartis. Et la plupart des cas concernent le canton de Vaud: 140 fois, l’échéance n’y a pas été respectée. Qu’est ce qui explique ce laxisme vaudois en matière de renvois?

Ce laxisme est dû à la pression très forte de nombreuses associations d’aide aux migrants, y compris aux migrants qui sont illégalement sur notre territoire. Depuis des années, de nombreux élus de gauche en mal d’électeurs « fricotent » avec ces associations. A force de jouer avec les lois on finit par ne plus pouvoir les appliquer lorsqu’on est membre d’une autorité qui doit les mettre en œuvre. Cette pression est accentuée par le rôle des médias qui valorisent parfois cette attitude,

Le 1er octobre prochain une grande manifestation aura lieu à Lausanne contre les renvois Dublin. Qu’en pensez-vous?

Nous avons la liberté d’expression dans notre pays, ce n’est pas pour autant que les motivations de la tenue de cette manifestation sont correctes. Le renvoi dans le pays de premier accueil correspond à la politique mise en place par l’Union européenne, la Suisse fait sa part du contrat.

Comment expliquez-vous que les citoyens qui souhaitent au contraire plus de fermeté ne se mobilisent pas autant dans la rue?

Ces citoyens attendent des autorités élues qu’elles mettent en œuvre les lois votées, prenez la loi sur les étrangers ou la loi sur l’asile, à ma connaissance le peuple vaudois, tout comme le peuple suisse, se sont prononcés en faveur de ces deux lois actuellement en vigueur. Doit-on désormais manifester dans la rue pour que les autorités respectent la loi ?

Que pensez-vous de l’attitude d’Ada Marra qui avait soutenu sa collègue socialiste tessinoise qui a été arrêtée par la police pour avoir apparemment permis à des migrants illégaux de franchir la frontière depuis l’Italie?

Tout cela n’est que de la mise en valeur de sa propre personne au travers des médias, la réponse à votre question ne mérite pas plus de mots !

Vous êtes natif de Moutier. Les citoyens de Moutier diront le 18 juin 2017 s’ils veulent rester bernois ou rejoindre le canton du Jura. Que préconisez-vous?

Cela fait plus de 15 ans que j’ai quitté le Jura bernois, j’aime encore beaucoup cette région, mais ce n’est plus à moi de m’exprimer sur l’avenir du Jura bernois, laissons faire les électeurs jurassiens, ils sauront choisir la bonne solution pour leur avenir !

Propos recueillis par Alimuddin Usmani, le 21 septembre 2016

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