Entretien avec Frank Franz

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La vague de violence, commise notamment par des requérants d’asile récemment arrivés en Allemagne, a mis le pays en émoi. La politique d’accueil d’Angela Merkel est toujours plus remise en question. Entretien avec le président du Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD), Frank Franz.

Alimuddin Usmani : Würzburg, München, Reutlingen, Ansbach, il y a eu quatre attaques sanglantes en une seule semaine en Allemagne. Quelle est la réaction de votre parti à ces événements? 

Frank Franz : Nous ressentons maintenant une chose contre laquelle moi et le NPD mettons en garde depuis plusieurs années. L’immigration incontrôlée ne nous apporte pas seulement des gens dans le pays, elle nous apporte également un conflit potentiel qui vient de leurs pays et de leurs cultures.  Au vu de ces tragédies, pour lesquelles des gens ont perdu la vie, il serait inapproprié de se faire justice soi-même. Nous devons maintenant rapidement trouver des solutions.  Dans tous les cas, il s’agit d’immigrés, qui viennent en tant que réfugiés, demandeurs d’asile ou bien soi-disant « immigrés réguliers ». Lorsqu’un tonneau menace de déborder, il faut tout d’abord couper l’eau. Plus concrètement, la première mesure est de fermer et de sécuriser immédiatement les frontières. La situation intolérable que nous expérimentons en ce moment, le fait que chacun puisse venir dans notre pays, est même mortelle. Nous sommes confrontés à une grave menace pour la paix intérieure.  Par conséquent, le NPD sera encore plus réactif dans le domaine de la sécurité et exige fermement l’expulsion des délinquants étrangers. Nous devons mettre fin à la Willkommenskultur (culture de l’accueil) et à la « politique de la frontière ouverte ».

Depuis le début de l’année 2015, il y a eu environ 1,3 millions de réfugiés qui sont venus en Allemagne. Dietrich Munz, président de la Chambre fédérale allemande des psychothérapeutes, a révélé que plus de la moitié des réfugiés arrivés en Allemagne souffraient de troubles psychiques. N’est-ce pas effrayant?

Oui, cela semble effrayant. Je ne suis pas en mesure de juger si les informations de Monsieur Munz sont correctes. Le fait est que notre limite d’accueil a été depuis longtemps dépassée.Et je ne parle même pas de ce chiffre, en théorie, d’au moins 650’000 réfugiés à soigner. Que pouvons nous faire de cette évaluation? Avons-nous laissé 650’000 auteurs potentiels d’attentat entrer dans notre pays depuis le début de l’année 2015? Je préfère ne pas y penser.  Les réfugiés de guerre sont évidemment en partie traumatisés par la guerre.  Ce n’est pas cela qui est pertinent en l’espèce. Cependant, de telles explications ne doivent pas servir à relativiser le danger et la criminalité. Celui qui est traumatisé par la guerre n’a aucune raison de s’attaquer aux gens avec des machettes, de tirer sur des enfants innocents ou de se faire exploser dans une foule. Le problème est que ces gens se trouvaient dans notre pays. S’ils n’étaient pas là, il n’y aurait pas eu ces attentats.D’autant plus que tous les auteurs étaient déjà connus de la police.

Ne nombreux étrangers figurent également parmi les victimes. Une Famille de Hong-Kong a été attaquée à la hache. Craignez-vous pour le tourisme en Allemagne? 

Lorsque Hong-Kong et Washington émettent des avertissements de voyage pour l’Allemagne et pour toute l’Europe, c’est pour le moins un signe alarmant. Il peut y avoir également des raisons politico-économiques à cela. Mais la menace terroriste a augmenté de façon indubitable en Allemagne et elle est à la fois économiquement et politiquement explosive.  Si l’on se réfère à l’état du marché boursier, on peut parier sur de nouvelles attaques car le gouvernement n’est manifestement pas en mesure, ou n’a pas la volonté, de changer quoi que ce soit par rapport à ces menaces. Merkel reste persuadée par sa politique de la « frontière ouverte » et par la célébration Multikulti.  Si d’autres attaques similaires venaient à se produire, alors je vois tout ceci comme une grave menace pour le tourisme, oui.

La France subit également des attaques meurtrières. Le profil des terroristes est souvent le même. Ils viennent de la petite criminalité des banlieues. Leur islamisation survient de façon tardive et superficielle. Le problème n’est-il pas l’immigration de masse et la ghettoïsation plutôt que l’islam en tant que tel?

L’islam est au moins le tremplin ou plus précisément le véhicule pour les islamistes. Evidemment, il est clair pour moi que des millions de musulmans vivent en paix et ne commettent pas d’attentats.  Mais l’islam diffère du christianisme dans la mesure où il n’est, par exemple, pas sécularisé.  Il n’est pas simplement une religion, il représente également un modèle politique à usage quotidien et est utilisé par des fanatiques comme une arme contre les infidèles. On peut, bien évidemment, discuter de la façon avec laquelle l’islam, en tant que tel, en est la cause. Lorsque la majorité des attentats se produisent au nom de l’islam, nous ne pouvons pas dire que cela n’a rien à voir avec l’islam. La cause du problème est notamment lié au fait que l’Occident a mis en place et renforcé les islamistes au Moyen-Orient. Cette politique a conduit à une radicalisation et les Etats occidentaux-de même que l’Allemagne- y sont aujourd’hui confrontés sur leur sol. Celui qui exporte la guerre et la terreur doit s’attendre à ce que cette terreur finisse par revenir chez lui. Au lieu de soutenir les extrémistes islamistes au Moyen-Orient, les gouvernements occidentaux feraient mieux de soutenir les régimes sécularisés. Au lieu de cela, des pays comme la Syrie sont déstabilisés. Ceci est grotesque et suggère que la menace croissante du terrorisme est considérée comme acceptable.  Apparemment les mesures qui concernent la géopolitique et l’approvisionnement des ressources sont plus importantes que la paix.

La chancelière Angela Merkel a annoncé qu’elle va interrompre ses vacances en Allemagne à cause des récents événements. Une conférence de presse est prévue jeudi à 13 heures. Comment évaluez-vous son attitude?

Franchement, cela ressemble à une mauvaise blague et la chancelière est plus qu’indigne.  Elle aurait dû se rendre au lendemain du premier attentat–au plus tard le jour suivant –  à Berlin, ou plus précisément sur le lieu de l’attaque. Toute l’Allemagne est inquiète et en partie sous le choc face à la succession d’attentats, tandis qu’Angela Merkel est tranquillement en vacances. Jeudi, elle peut très bien rester à l’écart des événements. Il est parfaitement honteux que les dirigeants des autres Nations se sont déjà exprimés sur les attentats en Allemagne alors que la chancelière n’a rien à dire. Je partage la colère de nombreux citoyens qui disent à juste titre :  „Merkel muss weg!“ (Merkel doit s’en aller!)

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