Dossier spécial : Le procès du siècle

Le 17 mars 2016 s’est tenu au Palais de justice de Paris, le procès en appel de MM. Paul-Eric Blanrue et Robert Faurisson. Le tribunal correctionnel de Paris avait déclaré les poursuites nulles en première instance, pour des raisons de procédure. Le parquet a fait appel et poursuit les deux hommes pour le film  « Un homme : Robert Faurisson répond aux questions de P.-E. Blanrue », dont Monsieur Blanrue est le réalisateur et est soupçonné de l’avoir publié sur internet, et où le Professeur Faurisson s’exprime, au chef d’accusation de « contestation de crimes contre l’humanité » (loi Gayssot).

Malgré une petite centaine de personnes venues soutenir Robert Faurisson, une vingtaine de personnes seulement purent accéder à la salle du tribunal à cause des dimensions réduites de celle-ci. Hasard ou acte délibéré des autorités ? Votre serviteur aura en tout cas eu l’honneur et le privilège de pouvoir assister à ce procès du siècle.

Voici un résumé de cette audience.

Il est treize heures trente passées et les derniers membres du public s’installent dans la salle où les magistrats sont déjà présents. Au bout de quelques minutes, l’on entend des cris et des applaudissements provenant du couloir, la greffière semble exaspérée et fait un commentaire à ce sujet. La porte s’ouvre et Robert Faurisson et son avocat font leur entrée. Ce ne sera qu’une répétition générale car il ressortirons promptement en attendant l’arrivée de l’avocat de Blanrue.

L’audience, prévue pour 13h30 débute avec environ 30 minutes de retard car l’avocat de Blanrue tarde à arriver. Il arrive enfin et le « show » peut commencer.

Monsieur Blanrue est absent à l’audience, pour notamment des raisons de sécurité, comme l’explique son avocat, à la cour. Le défenseur du réalisateur articule sa défense autour de la nullité des citations car « le parquet n’indique pas le texte de répression explicitement ». Robert Faurisson est poursuivi dans cette affaire en tant que complice.

Après avoir cité ses propos, certains ayant fait rire l’assistance comme par exemple : « […] reconstitution des fours crématoires pour les touristes et les pèlerins […] », la présidente du tribunal invite le Professeur Faurisson à s’exprimer en lui posant la question : « Vous niez, mais qu’est-ce qui s’est passé ? ». A noter que le reste des magistrats semblait roupiller dans leurs fauteuils. Une jeune fonctionnaire aux joues rondes, assise aux côtés des juges, ne portant pas de toge et au rôle indéfini, semblera néanmoins suivre parfois avec intérêt les propos du Professeur, nous ne lui souhaitons qu’une chose, qu’elle se ressaisisse et ne glisse pas dans le doute… Il y a déjà bien trop de clients à Pôle emploi…

Robert Faurisson demande quel temps de parole lui est imparti. La présidente du tribunal lui répond « 30 minutes ». Il dit alors avoir besoin de deux heures. S’ensuit un débat animé entre lui et la juge et elle abdique finalement en lui concédant le temps qu’il estimera nécessaire à la présentation de son exposé, tout en insistant sur le fait qu’il doive synthétiser ses propos.

Le Professeur commence sa présentation en déclarant : « Tout au long de mes démonstrations, je me suis gardé d’être négatif ». Il liste ensuite les trois pièces présentées à la cour par sa défense.

Il continue en disant « Nous dénonçons les outrances […]. Les déportations, les camps […] sont une réalité. Il y avait effectivement des fours crématoires… ».

Il continue alors en faisant un long et complet exposé de toutes ses découvertes, exposé que nous ne pouvons, pour des raisons légales, malheureusement pas (encore) retranscrire ici.

Malgré l’invitation à s’asseoir de la part de la présidente du tribunal, le Professeur prononcera sa longue tirade debout, droit comme un I, du début à la fin. Il n’hésitera pas à pointer la présidente du tribunal du doigt et l’interpeller vigoureusement lorsque celle-ci lui coupe la parole. Il lui dira droit dans les yeux à cette occasion : « Madame, vous ne m’écoutez pas en ce moment ! ». On a peine à croire que cet homme a soufflé ses 87 bougies. Sa mémoire est excellente et ses qualités d’orateur ne font nul doute. Il cite, en épelant minutieusement leurs noms, tous les protagonistes de son récit. Il croit fermement à tout ce qu’il dit et personne présent dans la salle d’audience n’aurait osé le mettre en doute, même pas la présidente du tribunal.

Lorsqu’il explique ce qui l’a mené a entreprendre ses recherches, il confesse sa honte au sujet des victimes allemandes à la fin de la guerre et dit « […] I have to be a gentleman ». Il passe d’ailleurs du français à l’anglais et du français à l’allemand dès que cela semble nécessaire afin d’apporter plus de précision à sa thèse, sans jamais omettre de traduire mot pour mot dans la langue de Molière.  Au sujet du procès de Nuremberg, il dira « Ce procès, c’est la honte ! ».

Il cite le procureur américain Robert Jackson, à ce même procès de Nuremberg, qui a dit à propos de celui-ci : « Ce procès est la continuation de l’effort de guerre ».

Au sujet de l’honnêteté de sa démarche le Professeur Faurisson ajoutera : « Pas une seule fois j’ai été pris la main dans le sac ! ».

Une bonne heure passe et la présidente du tribunal demande au professeur de terminer en s’exprimant sur le chiffre des six millions de victimes. Là encore, il nous est malheureusement impossible de citer ses propos.

Robert Faurisson aura eu l’occasion de présenter pratiquement toutes ses découvertes devant la cour, il fit un exposé magistral. Ce fut presque surréaliste de pouvoir entendre de tels propos devant une assemblée de magistrats.

La parole est donnée au Ministère public qui, à aucun moment, n’apporte de preuve quant à l’inexactitude des propos du Professeur et ne fait qu’évoquer la matérialité de la contestation et de l’intention. La procureur requiert une peine de prison avec sursis pour les deux accusés.

La parole est ensuite donnée à Maître Viguier qui, habilement, décide de la passer à l’avocat de P.-E. Blanrue. Celui-ci demande la relaxe pour son client pour « défaut de bases légales ».

Maître Damien Viguier, conclut cet épisode qui sera sans-doute gravé dans les annales de l’histoire du Droit et l’Histoire avec un grand H, deux disciplines dont le but est la découverte de la vérité ou ce qui s’en rapproche le plus. Il axe son plaidoyer sur l’intentionnalité de son client, c’est à dire que l’intention du Professeur n’était pas de tromper, sa démarche était honnête et donc, d’après la jurisprudence en vigueur, celui-ci ne peut être donc poursuivi pour ses conclusions.

Le verdict sera rendu le 19 mai.

 

Joseph Navratil

Le point presse du Professeur Faurisson à l’issue du procès :

Déclarations de Maître Damien Viguier au terme de l’audience :

Témoignage du seul dessinateur présent lors de l’audience :

 

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