Certains réfugiés quittent l’Allemagne

Refugees arrive at the main station in Saalfeld, eastern Germany, on September 5, 2015 by train from Austria. Thousands more migrants streamed into Germany on September 6, 2015, greeted with cheers and "welcome" signs, as Pope Francis called on every Catholic parish in Europe to take in a refugee family. AFP PHOTO / DPA / HENDRIK SCHMIDT GERMANY OUTRefugees arrive at the main station in Saalfeld, eastern Germany, on September 5, 2015 by train from Austria. Thousands more migrants streamed into Germany on September 6, 2015, greeted with cheers and "welcome" signs, as Pope Francis called on every Catholic parish in Europe to take in a refugee family. AFP PHOTO / DPA / HENDRIK SCHMIDT GERMANY OUT

Certains réfugiés commencent à perdre leurs illusions et quittent l’Allemagne pour rentrer chez eux en Iraq ou en Syrie. Ces témoignages, publiés sur le site tchèque idnes.cz, révèlent que les migrants, qui n’attendent plus rien de l’Allemagne, ont été manipulés par des passeurs ou ont été victimes de leur propre ignorance en croyant à l’existence d’un eldorado. Leur franchise les pousse à avouer qu’ils ont recouru au droit d’asile alors qu’ils étaient tout simplement à la recherche d’une vie matérielle plus confortable :

Je suis allé en Allemagne à la recherche d’une vie meilleure, raconte Ali de Baghdad à la télévision ARD. Au lieu de ça, j’ai tout perdu.

Ali a un peu plus de vingt ans et cela faisait longtemps qu’il n’arrivait pas à trouver de travail. C’est pour cette raison qu’il a tenté sa chance en Allemagne. En septembre dernier, il a dépensé 6000 euros pour passer en Turquie puis en Grèce. Dix jours plus tard, il était déjà à Munich, où il a déposé une demande d’asile.

C’était le chaos total, les chambres puaient atrocement, se souvient Ali. Nous étions dans un camp surveillé, comme des prisonniers, nous ne pouvions même pas nous offrir une chicha, vu qu’elle était chère. Il y avait peu à manger et l’argent de poche ne me suffisait pas. Je recevais 180 euros, alors que le paquet de cigarettes en coûtait six, décrit-il.

Déçu par la réalité quotidienne, Ali décide de retourner après quelques mois à Baghdad, l’argent pour le retour lui a été envoyé par sa grand-mère. Je suis contente qu’il soit de retour, dit-elle dans un beau salon, alors qu’elle lui apporte un plat chaud dans une assiette. Ils m’ont dit qu’ils me donneraient un travail, un bon salaire et un appartementJe n’ai rien reçu de tout ça, conclut Ali.

Les retours volontaires dans le pays d’origine ne sont pas isolés, dit Johann Ehrnsperger du bureau allemand pour la migration et pour les réfugiés à Nuremberg. Il retournent souvent à cause de leurs familles mais également parce que leurs attentes, par rapport à leur vie en Allemagne, étaient trop élevées.

Des propos qui sont confirmés par Sylvia Glaser de l’organisation munichoise Coming home (retour à la maison) : Ils ne sont pas préparés au fait qu’ici tout dure très longtemps.

Le gouvernement allemand garantit un programme de rapatriement, mais tous ne rentrent pas avec l’aide de la voie officielle. L’offre de remboursement des frais de voyage a été utilisée l’année passée par mille personne, ce qui est un chiffre négligeable en comparaison avec les 1,1 millions de migrants qui sont venus en Allemagne à la même période. Certains rentrent par leurs propres moyens-l’ambassade irakienne à Berlin a émis, durant les derniers mois, plus de 1400 passeports.

Pourquoi ces Allemands nous ont-ils invité ici?

Dans le train au départ de Cologne, pour l’aéroport, prend place un jeune homme au teint mat qui a envie de parler. Il dit venir de Syrie, de Damas. Mohammed a 21 ans. Il y a quelques mois, il est arrivé en Allemagne et il est déçu. Il fait froid, il fait nuit, il pleut souvent et il doit en plus dormir dans une pièce avec quinze autres personnes.

Une question à laquelle il ne parvient pas à répondre tourne en boucle chez lui : Pourquoi ces Allemands nous ont-ils invité ici, s’ils ne sont pas capables de s’occuper de nous? Il ne parait pas énervé mais plutôt fatigué et un peu triste.

Il se souvient de Damas, où il affirme qu’il étudiait en tant qu’ingénieur à l’université. Les gens croient que, parce qu’il y a la guerre en Syrie, les combats se déroulent partout. Mais ce n’est pas le cas, la Syrie est un immense pays et  il y a des endroits où l’on peut y vivre normalement, en ajoutant qu’il ne lui manquait, somme toute, rien de particulier. Il est tout simplement venu en quête de quelque chose de meilleur.

Traduction : Alimuddin Usmani

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