Viktor Orban ou le bon sens

Source : Egalité & Réconciliation

Interview publiée initialement dans Lidové Noviny

Traduit du tchèque par Alimuddin Usmani

Lidové noviny : Il y a environ un an, vous avez lancé un avertissement concernant la crise migratoire en affirmant que des centaines de milliers de réfugiés allaient déferler sur l’Europe et que les pays allaient individuellement restreindre l’accès à leurs frontières. Pour cela vous avez été désavoué par certains politiciens occidentaux. Avec ce qui se passe aujourd’hui, ressentez-vous la satisfaction d’avoir eu raison ?

Viktor Orban : Je suis fait de chair humaine et j’ai des sentiments, mais ressentir de la satisfaction serait mesquin. (…) Le problème est que les considérations de bon sens ont disparu de la politique européenne. Aujourd’hui, l’élite politique européenne repose sur un emballage idéologique scellé qui possède une relation insignifiante avec la réalité. Nous avons pu le constater il y a un an, lorsqu’ apparaissaient les premiers signes de la crise migratoire. Ceux qui, comme nous, suivaient la situation du point de vue du bon sens étaient très peu nombreux. Nous ne prenions pas en compte les idées et les idéologies, dans lesquelles on peut tout fourrer, mais uniquement le fait que des gens affluaient de manière massive et incontrôlée dans le monde dans lequel nous vivons.

Ainsi, je ne ressens pas de la satisfaction mais je me réjouis plutôt de constater que l’Europe commence à examiner le problème du point de vue du bon sens. Ne pas le faire suggère des tendances suicidaires. L’Europe doit abandonner les tendances suicidaires et se ressaisir.

 

La Hongrie a été la première à construire une barrière pour stopper l’afflux des migrants. Aujourd’hui, la situation est complètement différente, l’Autriche veut aussi construire une barrière. À quel point la décision de la Hongrie, de construire une barrière, a-t-elle été difficile ?

La décision n’a pas été difficile. Ce qui a été difficile c’est de supporter la campagne vindicative qui a suivi cette décision et de résister. La décision n’a pas été difficile car, pour la prendre, il n’y avait pas besoin d’être un génie. Moi même je ne suis pas un expert avisé mais j’ai les deux pieds sur terre. Je viens d’un petit village où l’ensemble des habitants sauraient ce qu’il faut faire. Il est clair, même pour les personne les plus ordinaires, qu’il n’est pas possible de laisser de tels groupes de personnes, dont nous ne savons pas qui ils sont, ce qu’ils veulent et d’où ils viennent, pénétrer dans nos vies sans contrôle. Pour cela, il n’y a pas besoin d’être un politicien, un chef d’État ou un scientifique.

 

Que pensez-vous de l’argument selon lequel les migrants doivent être accueillis car ils représenteraient une force de travail qui fait défaut et qu’ils pourraient assurer nos retraites dans quelques décennies ?

Je crois que chaque grande vague d’immigration se caractérise par une erreur fondamentale. Les pays d’accueil s’attendaient à recevoir une force de travail mais ils ont plutôt reçu des personnes. Ce sont effectivement des gens faits de chair et de sang qui ont leur propre esprit, culture ou religion. Il n’est pas possible de prendre uniquement en compte la force de leurs muscles parce que nous recevons la personne dans son entièreté, avec son identité culturelle, avec les problèmes de coexistence qui y sont associés et le fait que la perception européenne de la vie en général n’est pas considérée comme quelque chose qu’elle devrait suivre. Ils considèrent leur culture comme ayant plus de valeur et c’est pour cela qu’ils ne veulent pas s’intégrer mais plutôt organiser leur propre vie en parallèle.

Cela a eu lieu partout dans le monde, c’est un phénomène de société parallèle dans l’Europe d’aujourd’hui et dans les pays où un grand nombre de gens sont venus de l’extérieur. Ce problème n’a pas encore touché l’Europe centrale. Le fait que nous n’ayons pas une société parallèle qui vit en notre sein, n’est pas un inconvénient mais plutôt un de ses plus grands avantages, cela représentera une force attrayante, un avantage concurrentiel des plus importants à l’avenir pour notre région. Bien évidemment, ce n’est pas une idée « politiquement correcte », alors il est interdit de la prononcer en Europe. Rien que pour cette phrase je serai attaqué après la diffusion de cet entretien.

 

 

Be the first to comment on "Viktor Orban ou le bon sens"

Leave a comment

Your email address will not be published.


*