Lumière sur : Auroville

Le Matrimandir, centre et lieu de méditation d'AurovilleLe Matrimandir, centre et lieu de méditation d'Auroville

source : Wikipédia

Auroville (« la ville de Sri Aurobindo » mais aussi « la ville de l’Aurore »1) est une ville expérimentale située à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry dans l’État du Tamil Nadu en Inde.

Elle fut créée en 1968 par une Française, Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connue sous le nom de la Mère et compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo. Auroville a pour vocation d’être, selon les termes de sa conceptrice, « le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités2. »

Aujourd’hui, les Aurovilliens, issus d’une trentaine de pays, sont organisés en 35 unités de travail : agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat, etc. Désert à l’origine3, le lieu est maintenant parfaitement viable.

Le symbole d’Auroville

Sommaire

Projet

En 1972, la Mère parle du projet en ces termes : « Il doit exister sur Terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde4… »

Au centre d’Auroville, se trouvera le Matrimandir (« la Maison de la Mère »), considéré par Mirra Alfassa comme l’âme du lieu. Le projet prévoit quatre zones (internationale, culturelle, industrielle, résidentielle) aménagées autour du Matrimandir et occupant 25 km2 (actuellement 10 km2 sont réalisés). La ville est censée avoir la forme d’une galaxie spirale5 une fois sa construction achevée. Conçue par l’architecte français Roger Anger, Auroville est prévue pour accueillir 50 000 habitants.

À leur arrivée, les pionniers trouvent un site aride, sans eau. Ils creusent des puits et, pour faciliter le pompage, installent des éoliennes, des réseaux d’évacuation et d’adduction d’eau. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes sont plantés en quatre décennies dans ce qui était un désert3.

L’UNESCO a soutenu le projet depuis le début.

Charte

Lors de l’inauguration d’Auroville, le , en présence du président de la République indienne, un garçon et une fille représentant chacun des 124 pays du monde, versent une poignée de terre de leur sol natal dans une urne en forme de lotus en signe de fraternité universelle6.

Une charte en quatre points, exprimant sa vision de la ville, est lue par la Mère7 :

  1. Auroville n’appartient à personne en particulier. Elle appartient à toute l’Humanité. Mais pour y séjourner, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine ;
  2. Auroville sera le lieu de l’éducation perpétuelle, du progrès constant, et d’une jeunesse qui ne vieillit point ;
  3. Auroville veut être le pont entre le passé et l’avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s’élancer vers les réalisations futures ;
  4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

Conformément à la croyance de la Mère que l’ère de la religion est derrière nous et doit faire place à une ère de spiritualité transcendant la religion, la charte d’Auroville dit catégoriquement « pas de religions »8.

Plan

Au centre d’Auroville, se trouve la zone de la Paix, laquelle abrite le Matrimandir et ses jardins, l’amphithéâtre contenant l’Urne de l’Humanité et un lac censé créer une ambiance de calme et réapprovisionner la nappe phréatique.

Quatre zones s’ordonnent autour de cette zone centrale :

  • la zone industrielle : s’étendant sur 109 hectares au nord de la zone de la Paix et du Matrimandir, elle sert à abriter les industries vertes, les centres de formation, l’artisanat, et les services administratifs de la ville ;
  • la zone résidentielle : couvrant 189 ha au sud de la zone de la Paix, elle est réservée à l’habitat sur 45 % de sa superficie et à la verdure sur 55 % ;
  • la zone internationale : située à l’ouest de la zone de la Paix, elle est destinée, avec ses 74 ha, à accueillir des pavillons nationaux et culturels, regroupés par continents ;
  • la zone culturelle : couvrant 93 ha à l’est de la zone centrale, elle est vouée aux activités éducatives, artistiques, culturelles et sportives.

Autour de ces quatre zones périphériques s’étend une ceinture verte de 1,25 km de rayon, regroupant fermes biologiques, laiteries, vergers, forêt, habitat protégé pour la faune. Elle est censée fournir bois de construction, nourriture, remèdes, et servir de lieu de détente et de poumon vert9.

Administration

Après la mort de Mirra Alfassa en 1973, la question principale à Auroville est de savoir quelle structure va gérer la ville : l’ashram de Sri Aurobindo qui, dans les faits, contrôle Auroville, ou bien la Sri Aurobindo Society, qui en possède le contrôle juridique ? En 1981, des habitants d’Auroville parviennent finalement à convaincre le gouvernement indien de retirer le contrôle juridique à la Sri Aurobindo Society et de le remettre au gouvernement par le biais d’une structure juridique adaptée. À partir de cette date, un représentant du gouvernement commence à résider à Auroville. La charte d’Auroville, et en particulier son article numéro 1, est donnée en référence de cette volonté d’indépendance par rapport à l’ashram10.

En 1988, le parlement indien vote une loi accordant à ce grand village de 20 km2 un statut unique dans le pays11. Son administration est désormais entre les mains d’un conseil de sept membres provenant du gouvernement de l’État, de la société Sri Aurobindo et de la communauté aurovillienne elle-même12. Depuis, les habitants étrangers bénéficient d’un statut préférentiel pour leur visa (un an renouvelable contre six mois pour les touristes).

Population

Évolution de la population d’Auroville

L’agglomération d’Auroville est constituée d’environ 80 communautés réparties dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres. Au sein d’Auroville vit une population internationale de plus de 2 000 résidents, dont plus de 50 nationalités. En décembre 2014, la population regroupait 2 314 Aurovilliens (900 hommes, 880 femmes et 534 mineurs de moins de 18 ans), soit 1 780 adultes. .

Unités de travail

Les Aurovilliens sont organisés en unités de travail, notamment :

  • Forecomers (agriculture et technologies de substitution),
  • Aurelec (informatique),
  • Fertile (reboisement et agriculture),
  • Nine Palms (reboisement et agriculture),
  • Meadows (reboisement et agriculture),
  • Fraternity (communauté artisanale travaillant avec les villageois tamouls),
  • Aspiration (éducation, santé et activité du village).

Les équipes du Centre de recherche scientifique d’Auroville (le CSR) s’intéressent activement aux énergies renouvelables, au recyclage et à la purification de l’eau (fontaine Mélusine13), aux constructions écologiques ainsi qu’aux véhicules hybrides et électriques depuis plus de vingt ans.

Vivre à Auroville

Actuellement, pour devenir membre d’Auroville, il faut faire ses preuves pendant un an14, il faut un visa indien de type X (abréviation de l’anglais extensible, « renouvelable ») permettant de résider en Inde, ainsi que l’argent nécessaire pour vivre au moins un an sans être rémunéré pour son travail15.

Tous les biens immobiliers (terrains, maisons, puits) sont la propriété de la fondation Auroville, la propriété privée est interdite. Pour devenir l’occupant d’une maison existante, il faut faire don à la fondation du montant équivalent à la valeur de la maison. Pour bâtir une maison et en devenir l’occupant, il faut également faire un don à la fondation16.

Éducation, soins médicaux de base, culture et activités sportives sont gratuits. Pour le reste, ceux qui n’ont pas de revenus touchent une allocation de 5 000 roupies (environ 64 euros) par mois. De l’argent virtuel, débité pour les achats effectués à Auroville, les factures d’électricité ou de restauration. Impossible néanmoins de se contenter de cette somme : le nouvel arrivant doit pourvoir aux frais de location, puis de construction de son logement; ce pécule ne peut suffire à qui souhaite voyager ou payer des études supérieures à ses enfants. Pour pallier ce problème, certains ont fait le pari d’une unité commerciale à Auroville même : hébergement des invités, fabrication d’encens, de produits « bio », de vêtements, d’objets artisanaux, etc. (une partie des bénéfices commerciaux est reversée à la communauté)17.

Constructions majeures

Le Matrimandir

Article détaillé : Matrimandir.

Qualifié de « gigantesque balle de golf dorée » et de « simili Epcot Center » par le guide Lonely Planet pour l’Inde méridionale18, le Matrimandir est visible de tous les points du territoire de la ville. Il contient une chambre intérieure, revêtue de marbre blanc, qui abrite un globe de verre de 70 cm de diamètre19 réputé le plus gros au monde. Conçue comme lieu destiné à la méditation, cette chambre ne renferme ni fleurs, ni encens, ni musique susceptibles d’évoquer un édifice religieux20. Elle n’est pas ouverte aux touristes18.

Autres bâtiments

  • Le Centre des visiteurs (Visitors Center) : vaste édifice destiné à accueillir les visiteurs. On y trouve plusieurs photos d’Auroville à l’origine, des livres, une restauration et un amphithéâtre où se tiennent des spectacles.
  • La Maison de l’Inde (Bharat Niwas)  : bâtiment voué à la culture d’Auroville et comprenant des amphithéâtres, des cinémas, une bibliothèque, etc.
  • Pour tous : la principale supérette d’Auroville.
  • Le Laboratoire des langues (Language Laboratory) : lieu commun d’échanges pour l’étude et l’apprentissage des langues par l’écrit, l’audio, l’oral, l’ordinateur, etc.
  • La Cuisine solaire : cuisine vaste et peu chère (25 roupies par repas soit environ 0,30 euro) pour les Aurovilliens et les résidents. Néanmoins, elle coûte un peu plus cher (80 roupies/repas, soit environ 1,00 euro), pour les personnes extérieures, lesquelles doivent réserver.
  • Le Coin des nouvelles créations (New Creation Corner) : restaurant à côté du réfectoire Nouvelles créations (New Creation). Il s’agit d’un restaurant classique, avec serveurs, d’où des prix plus élevés (environ 100 roupies par repas, soit environ 1,30 euros). La monnaie et les cartes bancaires y sont acceptées.

Le Pavillon tibétain

Le pavillon tibétain, aussi appelé pavillon de la culture tibétaine, financé par l’Inde est, avec celui de ce pays, le seul existant à Auroville. Claude Arpi en est le directeur21. La journaliste Ann Riquier a participé à sa création22. Son architecture s’inspire des plans du Mandala du Kalachakra et ses différentes pièces sont disposées symétriquement autour d’une cour centrale. Le 14e dalaï-lama a inauguré ce pavillon le 20 janvier 200923.

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