Lumière sur : l’Armée de Libération Nationale (ELN)

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L’Armée de libération nationale (espagnol : Ejército de Liberación Nacional, Unión camilista-Ejército de Liberación Nacional, ELN) est le deuxième groupe rebelle en importance impliqué dans le conflit armé colombien après les FARC-EP. Ses effectifs seraient de l’ordre de 1 500 combattants en 20091.

L’organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis d’Amérique, et de l’Union européenne2.

Origines

Inspirée par l’exemple de la révolution cubaine avec la victoire de Fidel Castro à Cuba en 1959, l’ELN a été fondée en 1964 dans le département de Santander par Fabio Vásquez Castaño. Guérilla paysanne, elle est marquée par la théologie de la libération et la figure majeure que fut à ses débuts le père Camilo Torres Restrepo, un religieux radical qui orienta le mouvement vers une dénonciation des inégalités sociales, après avoir rejoint l’ELN en 1965.

Dès 1969, le prêtre espagnol Manuel Pérez rejoint l’ELN, et en assumera la direction politique jusqu’à sa mort en février 1998.

Principal mouvement de guérilla en Colombie durant les années 1960, il est vigoureusement combattu avec l’appui des forces spéciales américaines. Sévèrement affaibli en 1973 par l’opération Anorí, il réapparaît de temps à autre tout au long des années 1970 et se rend responsable de nombreuses attaques de banques, assassinats et enlèvements.

Plusieurs factions se sont créées au sein du mouvement :

  • Le Front Domingo Lain, qui refuse toute négociation de paix
  • Le Courant de Rénovation Socialiste, qui a cessé la lutte en 1994, à la suite d’une négociation avec le gouvernement.

Activités

Le refus de la compagnie pétrolière Ecopetrol de s’acquitter de l’impôt révolutionnaire a conduit l’ELN à inaugurer une forme de terrorisme économique en s’attaquant à l’oléoduc Caño Limón-Coveñas. Entre 1982 et mars 1999, il a fait l’objet de 691 attaques et son maintien en activité devient prohibitif en termes de coûts. Depuis 1992, la Colombie, productrice de pétrole, est ainsi devenue importatrice.

L’ELN recourt fréquemment aux prises d’otages, l’une des plus marquantes étant celle de l’église de la María au cours de laquelle plus de 100 personnes ont été prises en otage pendant une messe à Cali3,4.

En 1984, l’ELN se distingue des autres mouvements rebelles colombiens en s’opposant à tout cessez-le-feu. C’est sur l’intervention de Fidel Castro, que l’ELN se ralliera finalement à la signature d’un cessez-le-feu temporaire.

Pourparlers

En 1998, des pourparlers sont engagés entre des représentants des communautés locales et l’ELN pour arrêter la violence, mais les discussions sont restées au point mort.

En août 2001, les négociations avec l’ELN sont suspendues par le gouvernement colombien, aucun accord ne pouvant être conclu sur les propositions du gouvernement concernant l’établissement d’une zone contrôlée par l’ELN. Lorsque le dialogue a repris en novembre de la même année, la proposition de zone démilitarisée a été abandonnée.

Début 2008, le gouvernement colombien annonçait la capture d’un haut commandant de l’Armée de libération nationale (ELN), Gustavo Adolfo Giraldo Quinchía, alias « Pablito ». Le ministre de la Défense Juan Manuel Santos estimait qu’il s’agissait de « la plus importante arrestation » d’un chef de l’ELN à ce jour, et qu’elle pourrait aider à faire aboutir les délicates négociations de paix engagées en décembre 2005 avec le groupe rebelle. Gustavo Adolfo Giraldo Quinchía s’est évadé en octobre 2009 lors d’un transfert entre deux prisons5

Notes et références

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