Entretien avec Agnès Soral par Alimuddin Usmani

Agnès Soral dans Tchao Pantin

Cet entretien effectué avec Agnès Soral par téléphone a été censuré pour des raisons plus que douteuses par un site genevois où il avait été initialement publié. Le dialogue est tendu et permet de révéler qu’Agnès Soral ne souhaite pas répondre aux allégations à propos de la franc-maçonnerie dans son livre. Jusqu’à présent, elle a été interrogée par les médias institutionnels qui ne se privent pas d’avoir une posture diffamatoire envers Alain Soral. Un peu surprise par la démarche, il était légitime qu’elle soit confrontée à un questionnement un peu différent.

Alimuddin Usmani : Agnès Soral est-ce que vos ancêtres viennent de la commune genevoise de Soral ?

Agnès Soral : Absolument mon grand-père était d’une famille qui descendait de Soral qui a d’ailleurs été un village qui a été tantôt suisse tantôt français je crois.

Avez-vous déjà visité cet endroit ?

Oui bien sûr.

Avez-vous des anecdotes ou des souvenirs en particulier ?

Non je n’ai pas d’anecdote particulière, je suis désolée.

Entrons-maintenant dans le vif du sujet. Votre livre « Frangin » est en grande partie consacré à votre frère l’essayiste Alain Soral. Vous le qualifiez d’antisémite mais il s’en défend. Ceux qui le suivent attentivement disent qu’Alain Soral fait le distingo entre ceux qu’il appelle les juifs du quotidien qui ne posent pas problème et des organisations comme le CRIF qui se réclament proches de Netanyahou dont la vision est celle d’un suprémacisme théologico-racial…

Je ne suis pas dans son cerveau, en revanche…

En utilisant l’appellation d’antisémite ne craignez-vous pas d’être instrumentalisée par ceux qu’il dénonce ?

Ecoutez je suis un peu surprise par cette démarche, vous me semblez assez agressif

Il n’y a pas d’agressivité, je vous pose une simple question.

Je réponds donc à votre question si vous le voulez-bien. Vous me dites « N’avez-vous pas peur d’être instrumentalisée par ceux qu’il dénonce ». Déjà je ne sais même pas de qui vous parlez. Moi ce que je sais c’est que j’ai été voir son site. Entre juif ordinaire ou pas ordinaire il me semble qu’il n’y a pas de distingo. J’ai vu des choses extrêmement violentes. Je vois une montée de l’antisémitisme qui est extrêmement visible terrifiante et cauchemardesque. J’ai l’impression que mon frère est très provocateur, que de faire une quenelle sur le mémorial de la Shoah n’est pas franchement contre le CRIF. Ce n’est ni fair-play ni délicat c’est une provocation. Je ne sais même pas comment le qualifier mais je trouve cela incroyable. La plupart de ses actions sont pour le moins maladroites, suffisamment pour établir un diagnostic antisémite avéré. Les lectures qu’il ressort sont au-delà du révisionnisme.

Si Alain Soral était antisémite pourquoi est-ce que des personnalités comme Jacob Cohen ou Gilad Atzmon le soutiendraient ?

Je n’en sais rien et je pense que vous n’avez pas lu mon livre.

Je vous assure que je l’ai lu.

Pourquoi me parlez-vous de politique alors ?

Vous parlez d’antisémitisme dans votre livre et sur les plateaux télévisés. J’essaie de vous pousser dans vos retranchements, nous ne sommes pas chez Ruquier.

Je vous remercie en tout cas (ton ironique)

Je ne m’attendais pas à une autre réaction. Il n’y a pas d’hostilité de ma part envers vous.

Ah non pas du tout, il n’y a pas d’hostilité (ton ironique)

Il est vrai que ce n’est pas une interview complaisante. Trouvez-vous normal que votre frère soit une des seules personnalités d’importance à dénoncer aussi clairement la proximité du gouvernement français avec l’extrême-droite israélienne de Benyamin Netanyahou ?

Tout d’abord je n’en sais rien. Vous me demandez d’entrer dans la politique. C’est une interview par téléphone, je ne sais même pas qui vous êtes en réalité ni quelle est votre position. Peut-être que vous êtes antisémite.

Parlons donc spécifiquement du contenu du livre, vous affirmez qu’Alain Soral a cherché à intégrer la franc-maçonnerie. Avez-vous des preuves de ce que vous avancez ? Vous savez très bien que ce sera perçu comme une manipulation mensongère pour lui nuire.

Bien sûr que j’ai des preuves pourquoi est-ce que j’aurais inventé cela ?

Je pose la question car les gens qui vous interrogent sur les plateaux prennent pour argent comptant cette affirmation. Alain Soral dénonce la franc-maçonnerie.

Est-ce que vous pourriez parler en m’engueulant moins ce serait plus agréable. Je vous entends très bien.

Pour quelles raisons avez-vous eu envie d’intégrer la franc-maçonnerie ?

Non je n’ai pas tellement envie de vous dire

Sur les plateaux vous semblez également suggérer qu’Alain Soral incite à la violence les gens, qui lisent ses livres et regardent ses vidéos. Or, ce dernier a toujours rejeté publiquement le recours à la violence qu’il qualifie de piège. Avez-vous conscience de cette prise de position ?

Oui je l’apprends. Je trouve ça très bien. Je suis enchantée par ce que vous me dites. (ton ironique) J’ai beaucoup été sur son site pour voir, j’ai plutôt eu l’impression que c’était plein de rancœur, de violence. Les gens sur ce site m’ont l’air d’être tout sauf pacifiques. Excusez-moi mais nous n’avons pas dû voir les mêmes communications. Après les attentats de Charlie je n’ai pas eu l’impression d’être face à un discours pacificateur. Si vous me le dites vous ne pouvez pas savoir le bonheur que vous me faites (ton ironique)

Par rapport à la violence des mots, dans l’émission ONPC, Léa Salamé vous reproche d’humaniser votre frère, sous-entendant que c’est un monstre.

Tout d’abord j’aime mon frère, je ne suis pas d’accord avec sa violence, c’est un humain aussi et je ne vois pas pourquoi je le déshumaniserais. Léa Salamé est pour moi une personne extrêmement agressive que je n’apprécie pas du tout. J’ai trouvé qu’elle était très faux-cul et très chiante. Je n’ai eu aucun plaisir à la rencontrer et franchement je suis fascinée par sa capacité à avoir une réponse à tout. Je trouve ça formidable. Elle a l’impression d’être la référence du bon goût et ce qui doit se faire, je lui envie son assurance. J’ai hâte de lire ses œuvres. (ton ironique)

En janvier 2014 votre frère a accordé un entretien à la BBC pour donner son point de vue sur Dieudonné qui s’est très bien déroulé. Vous avez publiquement interpellé les médias pour qu’ils l’invitent. Ne pensez-vous pas qu’il est boycotté car il se livre à une critique véritablement pertinente du pouvoir en place ?

En tout cas il a une pertinence, il a aussi des moments ou des choses qui ressemblent à de la paranoïa. Moi je suis absolument pour le débat d’idées et pour la liberté de parole. En cela je vous signale que je ne fais que le dire. Je suis pour la liberté d’expression mais également pour réellement pour le respect des gens qui ont souffert. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut parler de rien. On doit parler de l’Histoire. Ce qui me fait peur c’est le prisme avec lequel il montre les choses à des gens qui ne voient qu’au travers de sa lorgnette. Ces gens m’ont l’air furieux et qui pourraient devenir extrêmement violents. Il crée un clivage qui est le contraire du terme réunification et réconciliation. Je tire la sonnette d’alarme, il dit des choses parfois méchantes, parfois il a tort.

Pour terminer, seriez-vous prête à assister à une conférence menée par Alain Soral pour vous faire une idée réelle du public qui compose ceux qui le lisent et regardent ses vidéos ? Peut-être serez-vous surprise de constater que ce sont des gens pacifiques et pas du tout violents.

Il y en a qui ne sont pas violents et d’autres qui sont violents. J’ai vu des vidéos de ses conférences et il y a des gens qui ont un tempérament qu’il faut calmer je pense. Certains sont plus violents qu’il n’y paraît.

 

Alimuddin Usmani, le 13 avril 2015

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